Leadership et management

Lead scoring : la méthode pour prioriser vos prospects et vendre plus vite

Vos commerciaux ignorent 88 % de vos leads, et ce n'est ni leur faute, ni celle des leads : c'est l'absence de lead scoring. Découvrez comment noter qui est vraiment prêt à acheter, éviter les faux positifs, et enfin aligner marketing et vente.

Lead scoring : la méthode pour prioriser vos prospects et vendre plus vite

Pourquoi votre équipe commerciale déteste vos leads (et comment le lead scoring peut arranger ça)

Votre équipe commerciale a un taux de réponse de 12 % sur les leads que vous leur transmettez. Vous le savez, parce que vous regardez les stats chaque lundi matin, et que ça fait trois mois que ça dure. Pendant ce temps, les commerciaux, eux, regardent votre CRM et se disent que les fameux « leads qualifiés » que vous leur promettez sont en réalité une liste aléatoire de gens qui ont cliqué une fois sur un bouton.

Le problème, ce n'est pas eux. Et ce n'est pas non plus vos leads. Le problème, c'est que vous n'avez aucun système pour savoir qui est prêt à acheter et qui ne fait que passer.

C'est exactement le vide que vient combler le lead scoring. Et franchement, j'aurais aimé qu'on me l'explique aussi clairement quand j'ai commencé dans le marketing B2B il y a six ans, au lieu de découvrir tout ça à la dure.

Points clés à retenir

  • Le lead scoring attribue une note à chaque prospect en fonction de ses actions et de ses caractéristiques, pour savoir quand le contacter.
  • Il existe deux grandes familles de critères : le scoring démographique (qui est le prospect) et le scoring comportemental (ce que fait le prospect).
  • Des seuils de score bien calibrés (par exemple 30-60 points = phase d'évaluation, 60+ = phase d'achat) évitent de contacter les leads trop tôt.
  • Le lead scoring fait la jonction entre les actions marketing et les actions commerciales.
  • Attention aux faux positifs : un score élevé ne garantit pas une intention d'achat réelle.
  • Pour réussir, il faut aligner marketing et ventes, et réviser régulièrement vos critères.

C'est quoi, concrètement, un score ?

Le principe paraît simple, presque enfantin : vous donnez des points à vos prospects. Un point ici pour un téléchargement, trois points là pour une visite de page tarif, dix points s'ils ont le bon intitulé de poste.

Mais attention. Ce n'est pas un jeu de hasard. C'est une méthode de notation, une sorte de thermomètre de l'intention d'achat. L'idée est d'attribuer une note à chaque lead, et cette note va dire à votre équipe commerciale : « Celui-là, il est chaud, appelle-le maintenant. » Ou au contraire : « Celui-ci, il est encore en train de regarder, laisse-le mûrir encore un peu. »

Et ce qui est puissant, c'est que ce système de notation est propre à chaque entreprise. Il n'existe pas de grille universelle. Ce qui vaut 10 points pour une entreprise qui vend des logiciels à 50 000 € par an ne vaudra peut-être que 2 points pour une startup qui vend un abonnement à 30 € par mois. C'est un système arbitraire, certes, mais un arbitraire éclairé.

J'ai mis des mois à comprendre ça. Au début, je voulais copier la grille de scoring d'un concurrent. Quelle erreur. Nos cycles de vente, nos personas, nos produits n'avaient rien à voir.

Les seuils de score qui changent tout (avec un exemple précis)

Le plus important, ce ne sont pas les points en eux-mêmes. C'est ce que vous faites avec.

Les seuils de score qui changent tout (avec un exemple précis)

Prenons un exemple que j'utilise souvent avec mes clients, un exemple simple et qui marche bien en B2B :

  • Un lead qui arrive sur votre site et télécharge un premier livre blanc : il obtient quelques points. Il est en phase de découverte, il apprend à vous connaître. Disons qu'il est entre 0 et 30 points.
  • Entre 30 et 60 points, le lead est en phase d'évaluation. Il compare, il regarde les alternatives. C'est le moment de lui envoyer des contenus plus profonds.
  • Le jour où ce lead télécharge un livre blanc ET lit au moins deux articles de votre blog orientés « évaluation », il dépasse les 60 points. Au-delà de 60 points, il passe en phase d'achat. Là, il est prêt. C'est le moment de le confier à un commercial, pas avant.

Ce chiffre de 60 points, je l'ai vu fonctionner dans énormément de configurations. Mais ce qui compte, ce n'est pas 60 en soi. C'est la logique : plus le score est haut, plus l'intention est forte, et plus vite vous devez réagir.

Le piège, c'est le lead qui accumule des points sur des mois et qui finit par passer le seuil... alors qu'il a perdu tout intérêt. C'est pour ça qu'il faut une dimension temporelle. Un score qui stagne depuis six mois devrait être réinitialisé ou pondéré à la baisse. Parce que l'intention d'achat, ça se refroidit.

Le scoring démographique : votre cible idéale, notée

Le scoring démographique, c'est la partie « qui est le prospect ? ». On parle aussi de scoring explicite. Vous notez les caractéristiques du lead, celles qu'il vous donne via ses formulaires ou que vous récupérez sur son entreprise.

Dans le B2B, on regarde souvent :

  • Son poste : est-il décideur, influenceur, simple utilisateur ?
  • La taille de son entreprise : 10 salariés ou 5 000, ce n'est pas le même cycle de vente.
  • Son secteur d'activité : même produit, mais les besoins peuvent varier du tout au tout.
  • Son budget estimé, parfois via la technologie qu'il utilise déjà.

C'est le scoring démographique qui va vous permettre de dire : « Ce lead est pile dans ma cible. » Sans lui, vous pourriez contacter un stagiaire qui a téléchargé votre livre blanc par curiosité, alors qu'il n'a aucun pouvoir d'achat. Franchement, on est tous passés par là, et ça fait mal.

Le scoring comportemental : l'intention en action

Le scoring comportemental, c'est la partie « que fait le prospect ? ». On parle aussi de scoring implicite. Et c'est là que le bât blesse, parce que c'est la partie la plus difficile à calibrer.

Les actions à noter, ce sont les fameux signaux faibles :

  • Téléchargement de vos contenus : livre blanc, guide, étude de cas.
  • Visites répétées sur vos pages clés, surtout vos pages tarifs.
  • Ouverture de vos emails, clics sur vos liens.
  • Participation à vos webinaires, demandes de démo.
  • Et même, parfois, l'inverse : le fait de ne plus ouvrir vos emails pendant 90 jours peut valoir un score négatif.

C'est le comportement qui révèle l'intention. Un prospect qui visite trois fois votre page de tarification en une semaine, c'est un prospect qui est en train de faire ses calculs. Un prospect qui a ouvert 12 de vos emails mais n'a jamais cliqué, c'est peut-être juste un curieux.

J'ai appris ça à mes dépens : je notais les ouvertures d'emails beaucoup trop cher. Résultat, des leads « chauds » selon notre grille, mais qui n'avaient jamais visité notre site. Aucune intention, juste de la curiosité passive.

Les autres types de scoring que vous devriez connaître

Le lead scoring n'est pas la seule méthode de notation qui existe. Si vous voulez élargir votre vision, il y a notamment le scoring client, qui s'intéresse à vos clients existants plutôt qu'à vos prospects. On y mesure la valeur des clients à partir de l'achat lui-même, de la fréquence de commande, du panier moyen.

Et puis, il y a le fameux scoring RFM, une méthode basée sur trois critères : la Récence, la Fréquence et le Montant des achats. C'est très efficace pour identifier vos meilleurs clients et ceux qui sont sur le point de partir (les fameux clients « dormants »).

Alors oui, ces méthodes-là sont plutôt orientées e-commerce ou SaaS avec de l'usage récurrent. Mais les comprendre m'a aidé à mieux comprendre les limites du lead scoring pour les prospects. Ce ne sont pas des outils concurrents, ce sont des outils complémentaires, à utiliser à différentes étapes du cycle de vie.

Comment mesurer le ROI de votre lead scoring (sans vous mentir)

Un jour, un directeur commercial m'a demandé : « OK, tu mets en place le scoring. Mais concrètement, ça me rapporte combien ? » J'ai mis du temps à répondre, parce que je n'avais pas mis en place les bons indicateurs.

Voici ce que je mesure maintenant, et ce que vous devriez mesurer aussi :

1. Le taux de conversion des leads qualifiés. C'est le plus important. Avant le scoring, combien de leads transmis aux commerciaux devenaient des opportunités ? Après ? Si vous passez de 15 % à 30 %, le scoring a doublé l'efficacité de votre équipe commerciale. 2. La durée du cycle de vente. Est-ce que vous concluez plus vite ? Normalement, oui, parce que vous ne perdez plus de temps avec des leads froids. J'ai vu des cycles passer de 90 à 60 jours en moyenne. Ça change tout pour le prévisionnel. 3. Le coût par lead qualifié. Vous dépensez peut-être le même budget marketing, mais si vous qualifiez mieux en amont, votre coût par lead réellement intéressant diminue. 4. L'alignement marketing-ventes. C'est plus doux, moins chiffré, mais tout aussi réel. Quand les commerciaux comprennent pourquoi un lead leur est transmis, ils arrêtent de se plaindre. Le nombre de « leads poubelles » chute.

Sur un de mes projets, en six mois, j'ai réussi à faire passer le taux de conversion des leads en opportunités de 18 % à 31 %. Ce n'est pas de la magie. C'est juste qu'on arrêtait de contacter des gens qui n'étaient pas prêts, et qu'on contactait très vite ceux qui l'étaient.

Les faux positifs, ce fléau silencieux

Personne ne vous en parle, mais le lead scoring a un talon d'Achille : les faux positifs. Ce sont ces leads qui ont un score élevé, très élevé même, mais qui n'achèteront jamais.

Le cas classique ? Le consultant solo qui télécharge tous vos livres blancs, lit tous vos articles, assiste à tous vos webinaires. Il accumule des points comme personne, il dépasse allègrement les 60 points.

Seul problème : il n'est pas votre cible, il n'achètera jamais rien, ou alors il est juste en train de faire une étude de marché concurrentielle.

Comment gérer ça ? Avec du bon sens. Si vos meilleurs prospects sont des entreprises de plus de 200 salariés, et que ce consultant solo n'a aucune chance de correspondre, il faut que votre scoring démographique le pénalise durement. Une note démographique très basse doit pouvoir compenser un comportement très actif. Sinon, votre équipe commerciale perdra un temps précieux, et ce temps, c'est de l'argent.

L'autre cas de faux positif, c'est le lead qui a eu un pic d'activité il y a trois mois, qui a dépassé le seuil, et qui est resté dans la file d'attente des commerciaux... parce qu'ils étaient débordés à ce moment-là. Quand ils l'appellent enfin, le lead est passé chez un concurrent. Pour éviter ça, il faut une règle simple : un score qui n'est plus alimenté par de nouvelles actions positives doit expirer.

Les erreurs de mise en place que j'ai commises (pour que vous les évitiez)

Je vais être honnête : ma première mise en place de lead scoring a été un échec cuisant. Pas partiel, non. Total.

Mon erreur principale, ça a été la complexité. J'avais créé une grille avec 47 critères différents. 47 ! Je notais tout : le nombre de pages vues, le temps passé sur chaque page, la combinaison de pages visitées, le type de navigateur peut-être... Résultat : personne ne comprenait pourquoi un lead avait tel ou tel score. Les commerciaux ne faisaient plus confiance au système, et ils sont revenus à leur vieille habitude : appeler les gens qu'ils connaissaient déjà.

La deuxième erreur, c'était de ne jamais réviser mes critères. J'avais construit ma grille en janvier, et en septembre elle était complètement dépassée. Le marché avait bougé, nos contenus aussi, mais notre scoring, lui, était figé. Un scoring, ça se révise. Tous les trimestres, au minimum. Il faut regarder les leads qui ont un score élevé et qui ne convertissent pas, et les leads qui convertissent avec un score bas. Ces deux populations sont une mine d'or d'informations pour ajuster vos pondérations.

Et la troisième erreur, peut-être la plus grave : je n'ai pas associé les commerciaux à la construction de la grille. C'était « mon » projet, pas « notre » projet. Résultat, ils n'y croyaient pas. Si vous lancez un projet de lead scoring, impliquez les commerciaux dès le premier atelier. Demandez-leur ce qui fait, selon eux, qu'un lead est bon ou mauvais. Vous serez surpris de voir à quel point leurs critères peuvent différer des vôtres.

Ce qu'il faut retenir

Le lead scoring n'est pas un gadget marketing de plus. C'est un vrai pont entre ce que fait le marketing et ce que fait la vente. Sans lui, vous naviguez à l'aveugle dans votre base de données, en croisant les doigts pour que les commerciaux tombent sur les bonnes personnes.

Mais il ne faut pas en faire une usine à gaz. Commencez simple. Une dizaine de critères bien choisis, un seuil clair, et un process de transmission aux commerciaux qui a du sens. Et surtout, parlez-en avec vos équipes. Un score, ce n'est pas magique. C'est un langage commun entre le marketing et la vente pour se dire : « Regarde, celui-là, il est chaud. Occupe-t'en. »

Et au fond, c'est peut-être ça, le vrai succès du lead scoring : pas seulement vendre plus, mais enfin arrêter de se jeter la responsabilité des échecs à la figure entre équipes. Mais ça, personne ne le met dans son tableau de bord.

Benjamin Dumas

Benjamin Dumas

Benjamin Dumas couvre depuis plus de dix ans les thématiques de la création d’entreprise, de la gestion et des finances, ainsi que de l’innovation et de la technologie. Son travail l’a amené à traiter aussi bien les enjeux des startups que les transformations numériques des secteurs traditionnels. Il livre une information concise et documentée, destinée aux décideurs comme aux entrepreneurs.

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